Le grand amour annoncé
Approchez, ma douce, et posez la tête un instant. Nul besoin de faire bonne figure ici ; les portes du Boudoir sont closes, et ce qui s'y dit ne franchira jamais nos murs.
Il était, disiez-vous, l'histoire d'une vie. Les promesses murmurées, les projets bâtis comme des châteaux, le nom déjà choisi pour le petit chien que vous auriez pris ensemble. Le décor était parfait. Trop, peut-être.
Le sceau qui se brise
Et puis le sceau s'est brisé. Une lettre, un silence, une porte refermée — peu importe la forme qu'a prise l'orage. Vous voici le cœur en miettes éparpillées sur le tapis, à vous demander comment diable on ramasse tout cela.
Alors je vais vous confier ce que nulle romance ne raconte : on ne recolle pas un cœur comme une tasse. On le laisse cicatriser, de travers s'il le faut, et l'on découvre un beau matin qu'il bat de nouveau — différemment, plus sagement, mais il bat. Pleurez tout votre saoul, ma chère. Les larmes ne sont pas une faiblesse ; ce sont les eaux qui nettoient la plaie.
Et de grâce, ne vous punissez pas d'avoir aimé grand. Aimer ainsi n'est pas une sottise : c'est un courage que beaucoup n'auront jamais.
La chute
Un jour — pas aujourd'hui, peut-être pas demain — vous repenserez à lui comme à une vieille robe : jolie en son temps, mais qui ne vous va plus. Et vous sourirez.
En attendant, buvez votre thé tant qu'il est chaud, et gardez-moi une place au coin du feu.
